SAIGON : Good morning Vietnam !
Vendredi 29 décembre
Nous prenons un bus depuis Phnom Penh jusqu'à Saïgon, ou Hô Chi Minh-ville. Le trajet dure 7h durant lesquelles le chauffeur klaxonne en moyenne toutes les 30 secondes pour prévenir qu'il arrive (sans exagération, soit 840 coups de klaxon !), le passage de la frontière se fait tout en douceur (et ça fait du bien) et nous arrivons à Saïgon dans l'après-midi. On nous dépose en plein milieu du District 1, quartier le plus touristique et le plus animé de la ville.
Il fait très chaud et très humide, nous commençons par chercher un endroit où dormir. On se fait rembarrer par un papy vietnamien qui refuse que l'on prenne la chambre juste pour une nuit (on n'a toujours pas compris pourquoi...), on visite des chambres sales ou sans fenêtre (donc moisies et bien trop chères pour la qualité proposée), et nous atterrissons dans une chambre sous les toits et avec fenêtre (mais un peu moisie quand même). Il y a beaucoup de touristes et comme c'est bientôt le nouvel an, beaucoup d'hébergements sont complets. Bon, ça fera l'affaire !
Nous sortons faire un tour et c'est là que nous rencontrons Max (un expatrié français vivant à Montréal), avec qui nous allons passer la soirée à nous raconter nos vies, boire du vin rouge et parler de voyages... Nous resterons en contact avec lui durant tout notre séjour, même si nos chemins ne se recroiseront pas (enfin, il nous a invité à venir le retrouver à Montréal et passer un séjour à NYC !).
Le lendemain, nous avons un peu mal aux cheveux... Mais surtout, on réfléchit. Nous n'avons que 2 semaines pour visiter le Vietnam, ce qui est très court. Au début, nous pensions fêter le nouvel an à Saïgon avant de commencer à remonter vers le Nord du pays. Mais ça nous laisserait peu de temps pour arriver à Hanoï, capitale du Vietnam, où l'on doit prendre notre avion pour Bali. Alors..."on part ce soir ?" Ni une ni deux, nous filons à l'agence The Sinh Tourist qui propose des Open tickets, soit plusieurs trajets en bus à travers le pays aux dates que l'on souhaite, à prix intéressant. On booke nos tickets, notre sleepin'bus part ce soir donc nous avons la journée pour visiter Saïgon.
Nous décidons d'aller au Musée des souvenirs de guerre. On sait ce que vous allez penser, après notre journée glauque à Phnom Penh, on est un peu maso de remettre ça ! Seulement voilà, tout comme au Cambodge, la guerre du Vietnam fait partie intégrante de l'histoire récente du pays, et il nous semble important de se renseigner sur ce qu'a vécu la population durant cette longue période.
Nous passons plusieurs heures à observer les centaines de photos qui illustrent cette guerre particulièrement atroce... Les Vietnamiens se sont d'abord battus contre les colons français pour gagner leur indépendance, obtenue en 1954 par les accords de Genève, qui séparent le pays en deux : le Nord-Vietnam (régime communiste dirigé par Hô Chi Minh) et le Sud-Vietnam (régime nationaliste soutenu par les Etats-Unis). Le Nord souhaitant la réunification, le pays entre dans une seconde guerre, dans laquelle les Etats-Unis interviennent en force aux côtés du Sud-Vietnam, dans le but d'éviter la propagation du communisme en Asie du Sud-Est. Cette guerre prend fin en 1975 avec le retrait des forces américaines, un bilan de 1,5 millions de morts vietnamiens (dont plus de 500 000 civils, mais les chiffres officiels sont très approximatifs) et un pays ravagé par les bombardements où tout est à reconstruire.
Encore une fois, nous prenons conscience de notre ignorance sur le sujet... On découvre, horrifiés, les bombardements au napalm, les massacres de villages entiers, et surtout l'agent orange. Il s'agit d'un défoliant (ou herbicide) pulvérisé par les avions de l'armée américaine sur les forêts et campagnes vietnamiennes, dans le but d'en déloger les combattants qui s'y cachaient. Ce produit cancérigène a contaminé une grande partie des terres du pays, est responsable de malformations chez les personnes qui y ont été exposées mais également chez les bébés qui naissent de nos jours, soit presque 40 ans après la fin de la guerre... Les photos illustrant les ravages de l'agent orange sur la population vietnamienne sont particulièrement choquantes, et nous croiserons certaines personnes victimes de ce produit dans la rue...
NB : Ce musée est richement illustré, très bien constitué, exposant sur 3 étages avec des salles thématiques. Nous n'avons pas de photos de guerre à vous montrer, ni de portraits de personnes contaminées par l'agent orange. D'une part, car nous ne voulions pas vous montrer ces horreurs, d'autre part car nous nous sommes dit qu'un bon livre photographique de Robert Capa, Kim Phuc, Horst Faas (pour ne citer qu'eux) est bien meilleur que d'avoir chez soi une photo d'une photo vitrée d'un musée... Pour info, nous notons la prestigieuse qualité du photographe japonais méconnu Bun'yo Ishikawa, qui a pris et prend encore aujourd'hui des photographies de la vie quotidienne au Vietnam pendant et après la guerre. Enfin, nous avons quand même vu de belles choses dans ce musée, à savoir les nombreuses manifestations qui ont eu lieu partout dans le monde contre les Etats-Unis durant cette guerre, mais aussi les personnes contaminées par l'agent orange qui sont devenues chefs d'entreprise, cuisiniers, athlètes, artistes, écrivains ou musiciens, malgré leur handicap.
Après cette visite bouleversante, sur le chemin pour rejoindre notre bus, nous passons devant la poste vietnamienne de style colonial, près de la cathédrale Notre Dame de Saïgon et nous mangeons au Street Food Market (histoire d'échanger autour de notre expérience au sein du musée).
Puis nous embarquons dans le sleepin' bus qui deviendra notre meilleur ami (ou pas) pendant notre séjour au Vietnam.
Direction : Nah Trang !
Encore une "belle"expérience historique! Ce musée à l'air vraiment riche! Au passage ça c'est du titre, petit remember à Adrian Cronauer!
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