Île de Pâques : bienvenue chez les moai


Le mystère des moai de Rapa Nui

Mardi 3 avril
au
Lundi 9 avril

        Le décalage horaire est encore une fois un peu rude : nous partons de Tahiti à 3h du matin et, après 5h de vol, nous atterrissons à 14h sur l'île de Pâques. Nous voici enfin sur cette île mystérieuse, perdue au milieu de l'océan Pacifique, qui nous fait rêver et nous intrigue tant... A mi-chemin entre la Polynésie et le Chili, à nous la découverte de la culture Rapa Nui !


Ah ça va le décalage horaire n'était pas aussi hardos... (mais en vrai on était mort !)
Nous étions prévenus mais c'est confirmé : la vie chez les moai coûte très cher ! Nous nous installons donc au camping, et franchement avec la vue sur l'océan depuis notre tente, on sent qu'on va bien dormir...





Alix s'imaginait une île minuscule, mais en fait l'île de Pâques est assez grande, enfin tout est relatif... On fait vite le tour à pieds de la seule "ville", Hanga Roa, et nous apprenons que deux balades sont faisables en marchant. Pour le reste, faire le tour de l'île ou la traverser pour aller voir d'autres sites, il va falloir se débrouiller autrement.


Une boulangerie de Rapa Nui




L'église de Rapa Nui (avec un symbole illuminati... étrange !)

      Nous commençons par partir à la découverte d'Orongo, ancien village et lieu de cérémonie. La randonnée pour y accéder nous fait passer par le cratère du volcan (éteint) Rano Kau et le paysage est superbe. Nous découvrons ensuite les maisons d'antan à l'architecture particulière, faites de pierres empilées et dont les portes sont très basses (cela nous rappelle la construction des 'nuraghe', édifices mégalithiques que nous avions visités lors de notre séjour en Sardaigne en  2016) . Le site a une vue imprenable sur trois îlots (ou 'motu' en polynésien) au large de l'île. C'est à partir de ce village que se déroulait tous les ans la cérémonie de "l'homme-oiseau".

Attention, les gars n'étaient pas là pour rigoler !

La compétition consistait :
- à descendre la falaise à pic
- nager dans une eau infestée de requins (à l'aide d'une gerbe de roseaux ou 'Totora') jusqu'à l'îlot Motu Nui situé 2 km plus loin 
- être le premier 'hopu' (représentant de chaque clan de l'île de Pâques) à trouver un œuf de sterne élégante (une espèce d'hirondelle de mer), dont chacun devait attendre la ponte près d'un nid de sterne qu'il avait choisi ( ce qui pouvait durer des jours) 
- et ensuite de le ramener intact à l''ariki nui' (qui signifie "grand guerrier" : le roi de l'île) 
...Tout ça sans mourir évidemment !
Le 'gagnant' était désigné comme "l'homme-oiseau" ('Tangata manu'), sorte de demi-dieu capable de faire le lien entre les dieux et les hommes, et devenait donc l'arbitre des conflits entre les clans de l'île de Pâques durant un an. Il était à ce titre "neutre" et sacré. On retrouve de nombreuses représentations de "l'homme-oiseau" dans le village : corps d'homme à tête de sterne.
Cette cérémonie était organisée au regard des croyances des polynésiens au Maké-Maké. Il paraît que la dernière a eu lieu en 1866 et fut observée par un explorateur européen (le  chanceux !).












 Après l'ascension jusqu'à Orongo, on termine la journée par la découverte de la grotte

 Les représentations de Tangata manu à l'aéroport et au camping

      Le lendemain, nous attaquons la seconde balade, censée durer 5h et qui nous prendra bien 9h... Nous longeons la côte ouest de l'île et nous rencontrons nos premiers moai ! Ces impressionnantes statues de pierre légendaires et massives (plus de 13 tonnes et jusqu'à 80t pour les plus grosses et d'une taille variant entre 2,5 et 9 m), à effigie humaine, et dont personne (sauf Hugo) ne sait expliquer la fabrication ni l'acheminement... Nous sommes déjà fascinés par le site de Tahai. Nous explorons aussi quelques grottes dans le site d'Ahu Te Peu, certaines ayant servi de refuge ou de lieu sacré.
Par manque d'indications, nous loupons l'un des principaux sites du circuit (Ahu Akivi) mais nous y retournerons ensuite. Le chemin du retour  est en fait une des routes qui traversent l'île. On se rend compte que les habitations sont peu nombreuses et assez spartiates... Le soir-même, nous louons un scooter afin de nous déplacer plus facilement et surtout plus rapidement, car les sites sont assez éloignés les uns des autres.






Le seul moai aux yeux "ouverts" de l'île, dédicace à DD











"Tomb Raider 2018 : Sur les traces des moai"

      Le troisième jour, nous partons à la découverte du site de Puna Pau, montagne à partir de laquelle étaient fabriqués les 'chapeaux' des moai (les 'pu-kao'). Nous filons ensuite vers Ahu Akivi pour la session de rattrapage (site loupé lors de la balade de la veille). Nous admirons ces sept moai alignés, les seuls de l'île qui sont érigés face à la mer. Nous nous faisons surprendre par une pluie fracassante, donc nous repassons par le camping pour prendre nos manteaux. Mission parfaitement inutile puisque le temps d'arriver nous sommes trempés jusqu'aux os et qu'ensuite il ne pleuvra plus ! (qui a dit boulets ?). Nous nous rendons sur la seule plage de l'île (au sable blanc alors que l'île est constituée majoritairement de roches volcaniques, bizarre...), où se trouve le site d'Anakena, où un 'ahu' (piédestal des moai) supporte sept moai (les autres n'y sont plus). L'histoire dit qu'il s'agirait du lieu de débarquement des premiers polynésiens sur l'île, où les derniers héritiers du premier polynésien de Rapa Nui auraient été tués par des esclavagistes péruviens en 1862. Moche !
Non loin de là, nous passons par les sites d'Ovahe et d'Ahu Te Pito Kura (où il n'y a pas de moai, mais des ruines d'un village et de belles vagues frappant la falaise), avant de terminer en beauté par un coucher de soleil sur le site de Tahai.




Le mignon petit chat gardien de Puna Pau






Ces sept moai sont bien orientés "face à la mer...j'aurais dû grandir..."

Magnifique sculpture de bois à l'entrée d'Anakena
On ne voit pas le bébé mais pour mieux comprendre, cela représente l'accouchement 






Ovahe et ses superbes vues panoramiques


Ahu Te Pito Kura et son moai tombé : c'est triste...

Retour à Tahai pour observer le coucher de soleil derrière les moai




Non il n'y a pas de filtre, les couleurs étaient vraiment folles !

      Le quatrième jour est une journée bien remplie. On attaque direct avec du lourd : assister au lever du soleil sur le site hyper connu d'Ahu Tonariki. Nous ne sommes pas tout seuls, mais le moment est magique. Nous restons un long moment à profiter de cette beauté et de cette force qui se dégagent de ces moai. Après un petit-déjeuner face à eux, nous partons explorer Ranu Raraku, la carrière où étaient sculptés les moai avant d'être acheminés et mis debout (Ah ! il y a donc une explication à tout ce mystère !). Le lieu est fascinant, on découvre cette montagne et une multitude de moai qui sont encore sur place. Certains sont déjà redressés, d'autres semblent en cours d'acheminement ou pas encore achevés. On a l'impression que le site a été déserté brusquement alors que tout le monde travaillait, et que plus personne n'est jamais revenu par la suite...
Nous apprenons que sur les sites les plus connus de l'île, les moai ont été redressés et restaurés (opération très coûteuse, mais merci en partie aux japonais et aux chiliens). Il existe donc de nombreux sites où les moai sont abîmés, voire tombés : nous visitons Hana Tetena, Akahana et Vaihu. Pour terminer cette belle journée, Hugo s'offre une baignade à Anakena et nous rendons le scooter.
















Le seul moai à genoux de l'île

"face contre terre...j'aurais pu mourir..."



Les côtes de Rapa Nui sont splendides ! Et ce bleu Pacifique... Mmmm !




Une reconstitution d'habitation des premiers polynésiens




      La journée suivante est plus tranquille... Mission lessive, suivie d'une expédition vers le musée de l'île qui s'avère fermé... On se balade donc vers le port d'Hanga Roa et nous apercevons quelques tortues marines nageant vraiment près de la berge... Ni une ni deux, on fonce louer un masque et un tuba (au prix d'un bras !) et nous passons l'après-midi à nager avec ces animaux majestueux tout en les contemplant de près...









Tortue NiNA !

C'est déjà l'heure du départ... 

Nous repartons de l'île de Pâques conquis, charmés par sa nature encore sauvage et fascinés par ses trésors et ses mystères ! 
Cette fois, c'est parti pour le dernier morceau (et le plus gros !) de notre voyage :
l'Amérique du Sud !

Commentaires

  1. Cette île a l'air tellement hors du temps, c'est dingue. Rien qu'en photos c'est inspirant...en live ça a dû être une expérience assez incroyable.

    RépondreSupprimer
  2. Encore un séjour paradisiaque!

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire